« La littérature n’est pas tenue de renvoyer à ce qui est en dehors de la littérature »
http://tiempo.infonews.com/2013/04/21/suplemento-cultura-100448-la-literatura-no-tiene-la-obligacion-de-remitir-a-nada-que-este-fuera-de-ella.php

Après son irruption dans le panorama littéraire argentin avec El crímen de la negra Reguera en 1999, l’écrivain a publié à un rythme soutenu. Son dernier roman, Frío de Rusia, raconte l’histoire d’un amour qui naît dans un contexte électoral.
Vers la fin de Frío de Rusia (Blatt & Ríos, 2013) de Ricardo Strafacce, l’un des protagonistes, Hardoy, énonce : « Toutes les œuvres qui en valent la peine parlent d’amour ou de politique ou des deux choses à la fois. De quoi peuvent-elles traiter sinon ? »
Au début cette boutade semble être une prise de position catégorique de la part de l’auteur, qui délimite l’espace littéraire et s’interroge sur ce qui serait rellement important quand il s’agit de raconter. « Ce n’est pas autant comme cela pour moi, c’est plutôt une opinion du personnage », dit Ricardo Strafacce à une table du classique bar de Buenos Aires Varela Varelita, son bunker attitré, et nous place d’une certaine manière sur son territoire : un monde fictionnel où les péripéties et tout ce qui peut se produire dans le roman n’a aucun poids ni épaisseur au-delà de la page. Il l’énonce de façon plus élégante : « Je ne pense pas que la littérature soit tenue de renvoyer à ce qui est en dehors de la littérature ».
Ricardo Strafacce (Buenos Aires 1958) publie à un rythme soutenu depuis quelques années. Son apparition sur le marché littéraire s’est faite avec El crimen de la Negra Reguera (Beatriz Viterbo, 1999), et s’est poursuivie avec une série de petits romans (par leur extension) qui ne sont pas passés inaperçus : La boliviana (Mansalva, 2008) ; La transformación de Rosendo (Mansalva, 2009), Carlutti y Pareja (Mansalva, 2010), Crímenes Parfectos (Mansalva, 2011), et El parnaso argentino (La calabaza del diablo, 2012), pou n’en citer que quelques uns. Il a aussi publié deux livres de poésie : Bula de lomo (Spiral Jetty, 2011) et De los boludos no tenemos la culpa (Pánico el Pánico, 2012). Et il a aussi commis un livre incontournable en ce qui concerne les ouvrages biographiques dans notre pays : Osvaldo lamborghini, una biografía (Mansalva, 2008). Un texte par lequel, raconte Strafacce, il est devenu écrivain et dont Damián tabarovsky a dit : « Il marque peut-être un point d’inflexion dans l’histoire nationale du genre. C’est un livre auquel je reviens souvent et je le trouve chaque fois plus extraordinaire. Jusque dans ces chutes dans le conventionnel (il commence par l’enfance, s’achève par la mort) et son évidente prise de position factieuse (…) Et c’est peut-être cette prise de position politique, cette démesure, ajoutée à sa précision narrative, ce qui rend le livre unique. Je suis convaincu qu’après celle de Strafacce il y aura davantage et de meilleures biographies argentines ».