JUAN CARLOS MÉNDEZ GUÉDEZ
UNE OEUVRE ENTRE DEUX RIVES

L’œuvre, tout comme la vie de Juan Carlos Méndez Guédez, se construisent à partir d’une dualité : celle d’un homme appartenant à deux espaces géographiques, son Venezuela natal et l’Espagne qui est devenue sa terre d’adoption.
Une double appartenance qui signifie aussi la conscience aigue d’une culture à la fois semblable et différente, et d’une histoire pour partie commune. Dualité qui se résorbe dans la pratique d’une langue, et dans le sentiment de s’inscrire dans une littérature, la littérature de langue espagnole, d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et de là-bas.

Livre après livre, entretien après entretien, Juan Carlos Méndez Guédez ne cesse d’examiner les liens entre les deux continents, entre les êtres qui les peuplent, les œuvres qui les reflètent et les paysages qui les définissent avec une attention amusée, souvent critique, et toujours dans la perspective d’un métissage fécond.

Ici, mais là-bas/ Là-bas, mais ici

On l’a dit : Juan Carlos Méndez Guédez, comme en attestent les brefs éléments biographiques proposés ci-après tout comme les lieux de publication de ses œuvres ou les éléments qui reviennent au long des entretiens qu’il accorde, est homme qui se sent appartenir tout autant à l’Amérique latine qu’à l’Espagne, et d’une manière plus large, à la littérature, d’où qu’elle provienne.
Partir tout en restant ; rester tout en étant aussi ailleurs, innover tout en renouvelant des traditions littéraires : bref : mêler, mélanger, triturer, mais ne pas opposer, scinder ni défigurer.
Un bel exercice d’équilibriste en somme auquel nous invite un auteur pour qui vivre et écrire sont aussi, à leur manière, synonymes.

Né à Barquisimeto (Venezuela) en 1967, Juan Carlos Méndéz Guédez vit cependant ses jeunes années à Caracas.

Après une Licence de Lettres obtenue à l’Université Centrale du Venezuela, c’est à Salamanque, en Péninsule ibérique, qu’il devient Docteur en Littérature Hispano-américaine après avoir soutenu une thèse portant sur l’œuvre du narrateur vénézuélien José Balza et à Madrid qu’il a désormais établi ses quartiers.

Parcours en littérature donc, entre deux continents, qui se poursuit par la publication de nombreux livres : romans, recueils de contes, essais, publiés aussi bien en Espagne qu’aux Amériques.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
[N.Boileau, Art poétique]

S’il est un point sur lequel Juan Carlos Méndez Guédez revient souvent lorsqu’il parle de l’écriture, c’est bien celui de la nécessité de chercher et de chercher encore la formulation juste, la construction la plus à même de rendre justice à l’histoire contée et aux personnages qui lui prêtent vie.
Dans cette perspective, rien d’étonnant à ce que le livre à venir soit alors expérimentation renouvelée et que l’œuvre de l’auteur présente des facettes différentes, tout en conservant néanmoins un nœud thématique : la question de l’immigration, de l’exil, du déracinement et une forme de regard sans complaisance, comme en témoignent les articles proposés ci-dessous.