La petite école

Alicia Partnoy | Argentine

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Titre . La petite école

Auteur . Alicia Partnoy

Pays . Argentine

Traductrice . Anne-Claire Huby

Genre . Récits

Édition . Papier et électronique


12 € / 160 pages / 15 x 21 cm

ISBN . 979-10- 92948-20- 2

Novembre 2016

Sur La petite école

La petite école, publié en 1986 aux États-Unis puis en 2006 en Argentine rend compte par petites touches, au moyen de courts chapitres, de l’expérience d’incarcération par le gouvernement militaire en Argentine durant les années 70 d’Alicia Partnoy et d’autres victimes du régime.

Les détenus aux yeux en permanence bandés ne perçoivent le lieu et les événements que par leurs autres sens : ce qui fait de ce témoignage littéraire à plusieurs voix un texte délicat et poignant, dans lequel alternent l’angoisse, les peurs, les humiliations, la faim, mais aussi les moments d’espoir et de joie faits d’un rayon de soleil entraperçu, d’une précieuse boulette de mie de pain, ou des vers d’une comptine qui ressurgit dans la mémoire.

Certains de ces textes, lus durant procès pour la vérité de Bahía Blanca en 1999, ont été versés au dossier à titre de preuve.

Sur Alicia Partnoy

Alicia Partnoy (1955, Bahía Blanca, Argentine) écrivaine et poétesse, incarcérée entre janvier et avril 1977 dans le centre de rétention clandestin de Bahía Blanca connu sous le nom de La petite école puis dans différentes prisons du régime, contrainte à l’exil en 1979, a témoigné devant les Nations Unies, l’Organisation des États américains, Amnesty International et la Commission nationale sur la disparition des personnes (CONADEP) pour dénoncer  les violations planifiées des droits de l’homme sous la dictature militaire argentine.

Très engagée, elle vit actuellement à Los Angeles et enseigne à la Loyola Marymount University.

Extrait de La petite école. Premier récit

Il était une fois une petite école...

... de mort et de destruction. J’en ai connu une, mais il y en a beaucoup implantées « dans des endroits inconnus » de notre continent. Dans ces Petites écoles, les « maîtres » apprennent à force de torture et d’humiliations à perdre la mémoire de soi et à supprimer la volonté de lutter pour changer l’équation de l’injustice.

Dans les Petites écoles il y a les disparus, que l’on séquestre de la vie. Un matin, un après-midi ou une nuit ils les bâillonnent et leur bandent les yeux. Ensuite, ils tentent de convaincre les autres qu’ils n’existent pas, qu’ils n’ont jamais pu exister... Ils tentent de convaincre la victime qu’elle n’existe pas non plus, qu’elle a disparu du monde, des annuaires téléphoniques, de sa place dans l’histoire, du pouls de ses êtres chers... Mais j’ai été mauvaise élève. C’est pourquoi aujourd’hui je vous ouvre la porte.

Nous oubliions les noms, les visages et les rues, les maisons, les rencontres... Mais nous nous souvenions toujours d’alimenter la racine de notre rêve... Ou presque toujours. Parfois ce rêve se brisait un instant, une minute, deux heures, un jour entier, peut-être une semaine. Ensuite, la voix amie construisait à partir des vitres brisées une fenêtre de laquelle on pouvait deviner les nôtres poursuivant le combat quotidien. Et puis c’était se relever... cohabiter avec la mort et la folie.

Obligés de demeurer allongés sur des matelas ou sur le sol,sans parler, sans voir, les mains attachées et l’estomac vide, supportant les coups, les insultes et l’incertitude de la dernière balle, nous avons appris des militaires, durant ces mois dans La petite école, que la haine qu’ils ont pour nous est plus grande que celle qu’éprouve le peuple envers eux.

Essayons de desserrer le bandeau qu’ils nous ont mis sur les yeux, épions par l’interstice comment se déroule la vie dans La petite école. Pour le sang de ceux qui ont connu les salles de la terreur avant d’être fusillés, pour la douleur de ceux qui en ce moment supportent les cours de l’infamie, unissons nos forces pour effacer de la surface du continent toutes les Petites écoles, pour que les crimes ne demeurent pas impunis et qu’alors les peuples meurtris puissent se dresser en raz-demarée, occuper ce qui leur appartient et être heureux.

Ressources en ligne

- Témoignage sur le camp de concentration La petite école de de Bahía Blanca.

- Liens vidéo sur La petite école

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