Alberto Barrera Tyszka

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Dire délicatement la violence

Alberto Barrera Tyszka, écrivain venezuelien, construit depuis une vingtaine d’années une œuvre narrative qui explore les relations humaines et la part de violence qu’elles comportent et induisent dans le monde qui est le nôtre, et en particulier au Venezuela.

Qu’il s’agisse de la violence exercée par la maladie sur le corps, de la difficulté voire de l’impossibilité à communiquer et du silence ravageur qui s’en suit, qu’il s’agisse de relations intimes et familiales ou de l’univers social qui nous contraint aussi.

Tout se passe comme si chaque nouveau texte venait, à sa manière, ajouter un angle d’approche inédit, une exploration renouvelée.

Mais Alberto Barrera Tyszka, s’il s’inscrit bien ainsi dans une thématique largement partagée par les lettres latino-américaines (que l’on songe à la multiplication des œuvres mettant en scène les violences politiques, celles liées au trafic de drogue, ou tout simplement à la dureté de l’environnement naturel) possède une manière très singulière de l’écrire : aucun dramatisme, tout est dans l’adjectif choisi, comme il se plaît à le souligner lui-même, dans le regard quelque peu distancié qui sait être juste, tendre et grave mais aussi drôle.

Lorsqu’il écrit de la fiction, tout se passe comme si le journaliste et le scénariste parvenaient à se confondre pour créer une voix autre.

Et c’est sans aucun doute ce qui permet à ces textes de nous toucher aussi profondément, de résonner en nous bien après la lecture achevée.