Alberto Barrera Tyszka
Dire délicatement la violence

Échappée | Alberto Barrera Tyszka

Approche du Venezuela
à travers les contes d’Alberto Barrera Tyszka


ENTRETIEN #2

Par Hernán Restrepo

Radio Nacional de Colombia | Août 2010

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En cette période de lune de miel entre la Colombie et le Venezuela, nous sommes de nombreux Colombiens à nous demander comment on vit, on pense et on rêve dans ce pays voisin. Et une bonne manière d’approcher n’importe quelle culture, c’est la littérature. C’est pourquoi il s’avère très étrange, si nous y réfléchissons un instant, que nous en sachions si peu sur la littérature vénézuelienne.

Pour des raisons difficiles à expliquer, nous connaissons davantage les auteurs d’Argentine, du Mexique et du Pérou que des pays voisins comme le Venezuela, l’Équateur ou Panama.

Je propose aujourd’hui aux lecteurs de ce blog d’approcher la littérature vénézuelienne contemporaine à travers le livre de contes Crímenes [Crimes] (éditions Anagrama), d’Alberto Barrera Tyszka. Dans ce recueil de récits, on trouve des histoires très prenantes dans lesquelles le sexe, la mort et la politique sont des thèmes récurrents.

« Chavez n’est pas un dictateur. Mais c’est un magnifique candidat à le devenir », m’a dit Barrera quand je l’ai interrogé sur la nature politique de certains récits que l’on trouve dans le livre. Par exemple, il y en a un intitulé « La correspondance des autres » dans lequel on dénonce l’un des problèmes sociaux les plus graves du Venezuela: la surpopulation carcérale.

Alberto, je l’ai contacté alors qu’il se trouvait de passage au Mexique pour participer à la foire du livre de Mazatlan, endroit où il est régulièrement invité. De fait, ce scénariste a un cœur mexicain et on le remarque car le Mexique est très présent dans ses contes. Par exemple, « Una historia mexicana » [Une histoire mexicaine], raconte l’histoire d’un technicien lumière vénézuelien résidant à Mexico qui tombe amoureux de l’épouse de son meilleur ami.

C’est donc une invitation pour que tous les Colombiens profitions de cette période de paix pour nous rapprocher du Venezuela, pas seulement du point de vue économique, mais aussi à travers la littérature, qui est un domaine dans lequel nos deux pays ont une large empathie et une histoire partagée.