« El oro de la corona » : un surprenant récit d’aventure jeunesse à travers le Chili arrive dans les librairies.

Le nouveau roman de Sara Bertrand place ses personnages sur la piste d’un ancien trésor perdu.

Par Alberto Rojas M., Emol

Jeudi 7 juin 2012

SOURCE

Traduit par Anne-Claire Huby

 

 

Santiago. Que font une poignée d’agents britanniques au Chili ? Pourquoi Martin est-il séquestré et obligé d’entrer comme un voleur dans une vieille maison de Valparaiso ? Quel est le secret que conserve le grand-père d’Alice ? Voilà quelques-uns des ingrédients de El oro de la corona [L’or de la couronne] (Editions SM), le nouveau roman de la journaliste et écrivaine chilienne Sara Bertrand. Une histoire qui attrape le lecteur dès les premiers paragraphes et le plonge dans une trame pleine de surprises et dans laquelle l’amitié juvénile tiendra un rôle fondamental.

Auteur de livres jeunesse comme Antonio y el tesoro de Juan Fernández, Antonio y el misterio de los hombres de roca, La momia del salar, Ramiro Mirón o el ratón espía et La casa del ahorcado, Sara Bertrand présentera ce roman le dimanche 10 juin à 11h30, à la Feria Internacional del libro Infantil y juvenil (Parque Bustamante).

Comment est née l’idée pour « El oro de la corona » ?

Le point de départ de l’histoire renvoie à avec une expérience très ponctuelle que l’un de mes enfants a eu à vivre : une petite fille s’est sentie éperdument attirée par lui. Elle l’a poursuivi tout l’été et lui s’est comme transformé avec cet être qui lui tombait dessus. Alors, j’ai cru comprendre que le premier amour, celui qui existe entre bourrades et rires, te permets de te regarder toi-même d’un point de vue plus social, peut-être, mais aussi intéressant au sens où d’autres voient en toi des qualités que tu n’as pas encore reconnues.

Ses protagonistes, Martin et Alice, sont un couple juvénile qui ne craint pas d’affronter aventures et dangers. Quelle part de toi y a t-il en eux ?

Comme personnages spécifiques, pas beaucoup. Je crois plutôt que l’humour qui anime le roman est personnel. J’aime penser au monde comme à un espace à découvrir. Peu importe ce que nous montrent la télévision ou Internet, notre expérience restera toujours unique. Et en ce sens, j’aurais aimé vivre une aventure comme Martin et Alice, parce que comme disent les Colombiens, le monde me fait envie.

La trame se déroule entre Valparaiso et Chiloé. Tes livres précédents se passent aussi dans différentes régions du pays. Il est important pour toi que tes œuvres se déroulent au Chili ?

Ah, oui. J’aime les histoires qui ont des racines et qui appartiennent à un espace défini. C’est peut-être une déformation professionnelle, parce qu’en plus du journalisme, j’ai étudié l’Histoire, mais cet ancrage dans la tradition, les mythes et les légendes, revient toujours dans mon écriture. Et j’aime ce mélange. Qu’en plus de l’histoire linéaire (ce que l’on raconte) les personnages se voient confrontés à une façon d’être et de penser qui les transcende, parce qu’elle se nourrit de leur société d’origine et les constitue dans la mesure où ils participent d’elle. Je crois que dans une large mesure, nous sommes ce que nous avons été.

Le roman a un rythme absolument cinématographique, mais qui ne néglige pas les détails. Penses-tu que la littérature jeunesse entre en compétition avec d’autres plateformes narratives comme les films ou les jeux vidéos ?

Je ne sais pas si entrer en compétition est le mot, mais il est évident qu’elle ne peut pas faire l’autruche. Le rythme de la narration doit accuser réception de l’irruption de l’image comme langage narratif, et la télévision et les jeux vidéos ont été très efficaces pour capter l’attention du public juvénile. Alors, que nous reste-t-il aux écrivains de prose ? Attraper le lecteur et ne pas le lâcher jusqu’au bout. Introduire dans l’action avec des scènes au rythme continu, l’emploi du dialogue, enfin, que les romans s’entendent et se voient.

Tu as l’habitude d’être en contact avec de jeunes lecteurs. Comment les définirais-tu ? Quel genre d’histoires cherchent-ils aujourd’hui dans les livres ?

Personnellement, les classifications fermées me perturbent, surtout parce qu’en ce qui concerne la littérature, et l’art en général, les jeunes sont assez sélectifs, mais pas dans les catégories thématiques où nous tentons de les réunir, mais en termes d’excellence. Ils font sans complexe la différence entre ce qui est bon ou mauvais et ils savent parfaitement quand ils se trouvent face à un chef d’œuvre. Alors, je dirais que plus qu’une thématique spécifique, ils espèrent sublimer leurs émotions et découvrir le beau.

Tu travailles déjà sur ton prochain projet ? Tu peux nous en dire quelque chose ?

Oui, je suis plongée dans deux histoires. Dans la première, j’en suis à la troisième version et je pourrais dire qu’il s’agit du courage dont on a besoin pour perdre. Exercice de survie s’intitule-t-il et je dois ce titre au poète Galo Ghigliotto. L’autre, Amours de chiens, est l’histoire d’un chien amoureux, le premier chapitre a été publié dans l’anthologie Un cuento al día [Un conte chaque jour] et traite de l’expérience de tomber amoureux, de se sentir perdre la raison pour un autre. Mais c’est aussi une histoire de nos origines, celle du chien fond deux histoires en une seule.